De Funchal aux Açores, c’est parfois un peu long…

Prévue de durer 5 jours au maximum , cette étape de 520 milles théoriques environ nous aura couté 580 milles de petit temps à pétole , dans un anticyclone bien installé coupant toute véléité de jolie navigation à la voile…

A part le passage du cap le plus ouest de Madère où un effet de pointe nous a offert un joli petit lift à 6 nœuds pendant quelques heures , le trajet ne nous aura donné que du vent mou , parfois contraire , bien insuffisant pour propulser notre joli Romanée de 5 grosses tonnes !

Alors , beaucoup de moteur , une surconsomation de fuel (nous allons maintenant compter 2 à 2,5 l/H ) et l’obligation de rechercher les risées évanescentes en supputant sur tel nuage ,le lever ou le coucher du soleil , une bascule éventuelle entre midi et deux… Rien à tenter , alors des essais de roupillon impossible à cause du bruit du moteur (au début…) et de la tension liée à la recherche de la bouffe de vent à ne pas louper….

La nuit de jeudi à vendredi à été la pire , avec la menace de consommer nos derniers litres de gas oil . Alors nuit à la cape sèche ,à dériver en attendant que ça vienne ,sans appuyer au moteur.

Enchainement de journées à moins de 100 milles et , pire ,de 50 milles … Pauvres marins plaisanciers ,ne trouvant plus du tout la plaisanterie amusante !

Arrivée miracle sur Santa Maria , petite ile aux formes compactes et aux sommets cachés dans les nuages ,pour entrer à 3h du matin dans le joli port caché au pied de la cote montant à la ville . Plein de bateaux en escale entre de vraies navigations , y compris une partie de la flotte de l’ARC , anglos saxons aisés naviguant en flottille , y compris sur leur route de retour vers le Portugal. Des bateaux pas jeunes amoureusement entretenus ,des gens très courtois prêts à aider et /ou à partager telle ou telle astuce ou information…sympa) Quelques vrais amateurs nous disant « ah c’est vous , le joli Romanée blanc ? »

Venus ici pour « refueler » , nous devrons attendre lundi matin pour accèder aux pompes , le préposé étant en récupération d’une journée fériée , puis en repos dominical… Alors , nous allons nous refaire une santé et marcher un peu à la campagne . Une ile de plus dans le catalogue de ces si jolis lieux !…

Ce soir , apéro avec un hollandais et thon à la plancha sur le catway .

Je souffre un peu pour envoyer les photos , alors je vais faire une dérogation aux tarifs et adresser un MMS à Philippe qui va les joindre au blog (pensez à aller sur le blog sur votre PC en plus du téléphone pour voir les images !)

Au fait , c’est quoi ,le large?

Au large des cotes , loin des rivages et des iles , on dit parfois « au large »pour dire qu’on est à l’aise… On dit aussi « du large » pour chasser l’importun…Alors c’est quoi ce large ?

C’est l’eau libre et houleuse , c’est du ciel au-dessus , un horizon bleuté… et des oiseaux sauvages … Oiseaux planant sur l’onde, aux vagues souples et larges… Puffins, planeurs parfaits glissant au ras des crètes…

Ils ont un vol souple , assumé sans effort , ces puffins qui sont nés dans les falaises rouges … à Flores ou Pico ,à Lajes ou Velas….

C’est aussi grâce à eux qu’on est si bien au large….

Salut les amis avec qui j’ai plaisir à partager ces moments

Cravan

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